L'ONU lance un appel pour que cessent les exécutions

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18 décembre 2007

La campagne mondiale contre la peine de mort a obtenu une victoire historique ce mardi 18 décembre: l’Assemblée générale des Nations unies s’est ralliée à son appel en faveur d’un moratoire mondial sur les exécutions.

Il s’agit d’un véritable triomphe: 104 membres de l’ONU ont voté en faveur de cette résolution sans précédent, 54 ont voté contre et 25 se sont abstenus.

Amnesty International se félicite de cette résolution qui a été adoptée dans les délais au siège des Nations unies à New York et qui reconnait clairement la tendance internationale de plus en plus marquée en faveur de l’abolition de la peine de mort.

Au total, 133 pays de toutes les régions du monde ont aboli ce châtiment en droit ou en pratique, et seulement 25 ont procédé à des exécutions en 2006. Quatre-vingt-onze p. cent des exécutions recensées ont eu lieu dans six pays: la Chine, les États-Unis, l’Irak, l’Iran, le Pakistan et le Soudan. Le nombre d’exécutions signalées dans le monde est passé d’au moins 2 148 en 2005 à au moins 1 591 en 2006, ce qui représente une baisse de plus de 25 p. cent.
Cette résolution de l’ONU appelant à un moratoire sur les exécutions n’est pas juridiquement contraignante mais elle a un poids moral et politique considérable. Elle rappelle l’engagement des États membres à œuvrer en vue de l’abolition de la peine capitale. Elle constitue en outre un outil important pour encourager les pays non abolitionnistes à reconsidérer leur décision de recourir à ce châtiment.
Amnesty International appelle les pays qui continuent d’utiliser la peine de mort à instaurer immédiatement un moratoire sur les exécutions comme première étape sur la voie de l’abolition de cette sentence. Le secrétaire général des Nations unies rendra compte à l’Assemblée générale, en octobre 2008, de la mise en œuvre par les États de la résolution.

«Cette résolution historique représente une avancée considérable sur la voie de l’abolition de ce châtiment cruel et inhumain, ainsi qu'une importante contribution à la protection des droits humains», a déclaré Yvonne Terlingen, directrice du bureau d'Amnesty international auprès des Nations unies. Elle a ajouté: «La peine de mort est fondamentalement arbitraire et des personnes innocentes sont exécutées.»

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